Les praticiens se réunissent pour une consultation en ligne en vue d'évaluer l'efficacité de cette méthode et de produire un ensemble de normes minimales pour la protection des DDH

 


Regardez l'enregistrement du webinaire pour découvrir l'importance de l'approche basée sur les risques en matière de protection des défenseur·e·s des droits humains et les raisons pour lesquelles nous avons besoin de normes minimales dans ce domaine.


 

En 2005, des chercheurs de Protection International ont d'abord conceptualisé l'idée d'appliquer l'approche par les risques aux défenseur·e·s des droits humains (DDH) et, par la suite, ont élaboré le premier manuel à ce sujet. Depuis lors, l'approche par les risques est devenue une pierre angulaire des stratégies de protection des DDH dans le monde entier. Cette approche est utilisée et considérée à plusieurs reprises par les DDH, l'Assemblée générale des Nations unies, les rapporteurs spéciaux des Nations unies, la Commission interaméricaine et la Cour interaméricaine des droits de l'homme, les organisations régionales des droits humains, ainsi que les cours constitutionnelles de divers pays.

 

Pour célébrer le 15ème anniversaire du premier manuel consacré à ce thème, nous avons voulu saisir l'occasion de réfléchir de manière critique sur la manière dont cette méthode a été appliquée dans la pratique jusqu'à présent. Pour ce faire, une équipe de responsables de la protection PI, de conseillères et de conseillers experts et de chercheur·e·s ont travaillé ensemble pour organiser une consultation en ligne entre spécialistes provenant de plusieurs organisations de la société civile (OSC), bailleurs de fonds, institutions, mécanismes de protection et coalitions de défenseurs. L'objectif final est de produire un ensemble de principes communément approuvés quant à l'analyse des risques et aux plans de protection des DDH, qui serviront de référence et de point de repère aux DDH, aux fonctionnaires de l'État et du gouvernement, à la société civile et à toutes les autres parties prenantes clés contribuant à la protection des DDH.

 

La liste complète des principes sera présentée publiquement et discutée lors du lancement virtuel qui sera organisée par Protection International le 27 janvier 2021 de 9h00 à 10h30 (heure de New York) et de 15h00 à 16h30 (heure de Bruxelles). Parmi les intervenants figurent :

  • Joel Hernández García, Président, Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) ;
  • Brian Dooley, Conseiller principal auprès du rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme
  • Luciana Peri, Coordonnatrice de la Plateforme de l'Union européenne pour la réinstallation temporaire (EUTRP) et du programme "Shelter Initiatives", Secrétariat de ProtectDefenders.eu
  • Ricardo Neves,Chargé des droits de l'homme, Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme au Honduras;
  • Paola Pacheco Ruíz, Coordonnatrice de l'accompagnement global des défenseurs des droits de l'homme et des migrants de la mission Scalabrinianas auprès des migrants et des réfugiés, Espacio OSC Mexique
  • Islam Al-Khatib, Chargée de projet, Coalition des défenseuses des droits humains de la région MENA
  • Salome Nduta, Directrice des programmes, Coalition des défenseurs (Participant indépendant)
  • Jorge Ruiz del Ángel, Directeur général de la protection des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes, SEGOB Mexique

Modéré par : Luis Enrique Eguren et Meredith Veit, Protection International

  • Le lancement est gratuit et ouvert au public, et nous vous invitons à nous rejoindre en vous enregistrant ici.

  • Celle-ci se déroulera via Zoom. Une interprétation en anglais, espagnol et français sera fournie.

 

Venez découvrir l'importance de l'approche du risque pour la protection des défenseurs des droits humains et pourquoi nous avons besoin de normes minimales dans ce domaine. Au cours de l'événement, nous discuterons de la manière dont nous pouvons comprendre une approche psychosociale, intersectionnelle, sexospécifique et centrée sur le défenseur lorsque nous travaillons avec des personnes handicapées pour soutenir leur protection. Les questions clés sont les suivantes :

  •     Quels sont les succès et les échecs de la mise en œuvre actuelle de l'approche des risques ?
  •     Quel est le rôle de l'État, des bailleurs de fonds et de la société civile dans la mise en œuvre de ces principes?

  •    Comment pouvons-nous travailler ensemble, en tant que communauté, pour donner vie à ces principes?

 


Suivez ce lien pour consulter notre dernier communiqué de presse et télécharger les principes en anglais, espagnol, français, portugais ou arabe.


     

    Une méthodologie innovante avec un grand potentiel d'amélioration

    L'approche par les risques a été vite adoptée car elle offre des outils simples et facilement applicables pour mener une analyse située pour les DDH en danger, permettant ainsi de prendre des décisions éclairées.Toutefois, sa simplicité, son applicabilité et son emploi inconsidéré ont également permis de déceler des faiblesses et des limites. Par exemple, la réalisation d'une analyse des risques est devenue un objectif en soi, par opposition à ce qu'elle devrait être, à savoir une simple étape vers la création d'un véritable plan de protection. En d'autres termes, dans de nombreuses situations, un diagnostic est posé, mais aucun traitement n'est administré.

     

    En outre, certains mécanismes de protection fournissent aux DDH une "quantification de leur niveau de risque" en utilisant des chiffres arbitraires calculés dans des feuilles de calcul. Cela réduit faussement la complexité de la réalité en des chiffres unidimensionnels qui déterminent ensuite l'action ou l'inaction de l'État. Ce manque de contextualisation, ainsi que l'absence d'une approche sexospécifique et intersectionnelle, ont été signalés comme les lacunes les plus urgentes des analyses de risques actuelles menées par les mécanismes de protection qui utilisent l'approche des risques.

     

    Redéfinir l'approche du risque en 2021 et au-delà

     

    Malgré la pandémie mondiale et la situation d'isolement, PI a réussi à collaborer avec divers panels d'experts grâce à des enquêtes de consultation en ligne et des réunions virtuelles en direct. Les spécialistes provenaient de différents horizons professionnels (avocat·e·s, psychologues, défenseur·e·s des droits humains, universitaires, société civile, mécanismes de protection, organismes intergouvernementaux, observatoires des droits humains, réseaux nationaux ou régionaux des droits humains, etc.) et de différents contextes culturels (Amériques, Afrique, Europe, région MENA et Asie du Sud-Est). Le résultat final de nos délibérations a été la production collective d'une liste de principes spécifiques sur la manière dont les mécanismes de protection, et les acteurs de la protection en général, devraient améliorer notre approche de protection des DDH.

     

    Pourquoi ces principes sont-ils importantes ?

     

    Les défenseur·e·s du monde entier continuent d'être menacé·e·s et attaqué·e·s à un rythme effréné, et assurer leur protection n'est pas une tâche facile. Les situations de sécurité peuvent être à la fois extrêmement complexes et instables et, même après de nombreuses années de travail avec les DDH, de nombreux mécanismes de protection et acteurs clés ont encore plus de questions que de réponses. Il est essentiel que nous travaillions ensemble, en tant que communauté des défenseur·e·s des droits humains, pour discuter des problèmes communs, pour plaider en faveur des solutions les plus progressistes et pour partager les connaissances sur ce que nous avons appris de nos propres erreurs, de nos succès et de nos expériences en général. Ces principes sont destinés à servir d'énoncés pragmatiques et concrets qui peuvent aider à guider les praticiens dans le bon sens. En tant que groupe, nous avons rassemblé nos connaissances et notre savoir-faire, issus de décennies d'expérience dans le domaine du soutien aux défenseur·e·s des droits humains, en une liste concrète de recommandations qui, nous l'espérons, donneront aux DDH les moyens d'agir tout au long du processus de protection.