Protection International ainsi que les représentants du East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project (EHAHRDP), CIVICUS et CSOLifeline se sont entretenus le 4 mars 2016 avec Zeid Ra'ad Al HusseinHaut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, en marge de la 31e session du Conseil des droits de l'homme afin de discuter de la détérioration de la situation et des menaces auxquelles les défenseurs des droits de l'homme font face au Burundi.

Pierre Claver Mbonimpa, défenseur des droits humains et président de APRODH s'est adressé au Conseil vendredi afin de dénoncer les disparitions forcées, arrestations arbitraires, actes de torture, violence sexuelle et executions extra-judiciaires, ainsi que les fermeture d'organisations de défense des droits humains. à cela s'ajoute les nombreux défenseurs des droits de l'homme et journalistes forcés à fuir le pays au cours des dix derniers mois.

Peu après s’être prononcé sur la problématique, Mr. Mbonimpa a pris part a un événement parallèle sur la question des droits humains au Burundi “Crisis in Burundi. Implementing sustainable solutions” en compagnie de Michel Forst, envoyé special des Nations unies sur “ The Situation of Human Rights Defenders”, Tom Gibson, le représentant de Protection International au Burundi et à la RDC ainsi que Clea Kahn-Scriber de Reporters sans Frontières.

Mr. Mbonimpa a partagé un témoignage poignant et revient sur son implication à la cause de droits de l’homme au Burundi, son temps passé en détention et la tentative d’assassinat dont il a été victime. Il se prononce au nom des défenseurs Burundais ne pouvant pas être présents à Genève et condamne le manque de pouvoir judiciaire et de médias indépendants au Burundi.

De plus, Michel Forst a donné un briefing sur sa mission au Burundi en fin 2014 lors de laquelle il a été témoin de signaux de la forte montée de la violence au sein de pays. Il a également fait part de ses preoccupations à l’égard de l’augmentation du nombre d'attaques perpétrées à l’encontre des défenseurs et journalistes.

 

Selon Tom Gibson, il y a un sentiment manifeste de peur et d’insécurité au sein des défenseurs au Burundi. à cela, il ajoute: « Les plus grandes menaces que rencontrent les défenseurs des droits de l’homme sont l'arrestation et la disparition forcée, et elles concernent également les membres de leur famille. »

Enfin, Clea Kahn Sriber de Reporters Sans Frontières appelle à une solution durable pour les journalistes Burundian travaillant à l’étranger. D'autres réactions émanant de la communauté internationale et du Conseil des droits de l’homme furent également entendues.

Les efforts de PI pour la protection des droits humains à Genève prennent place à un moment crucial pour le Burundi. En effet, une équipe d'experts longtemps attendus et mandatés par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies y a été envoyée afin d’établir un constat sur les abus et violations des droits humains et d'engager le dialogue avec les autorités locales et autres acteurs concernés dans la crise actuelle. Un rapport verbal de la part de ces experts est attendu par le Conseil le 21 mars prochain, lors de la session interactive concernant le Burundi à Genève. Cependant, nombreux sont ceux qui restent inquiets du risque de représailles que courent les activistes et défenseurs des droits humains Burundais travaillant en collaboration avec les experts envoyés par le Conseil.