Ce lundi 14/05/2018 marque le début de la tournée européenne qui emmènera les membres du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) dans certaines des principales capitales européennes, pour dénoncer le manque de reconnaissance des communautés indigènes et de protection des défenseur.se.s des droits humains au Honduras.

La corruption entre l'appareil judiciaire hondurien et l'exécutif hondurien est également une source de préoccupation pour les défenseur.se.s des droits humains, comme c'est le cas de Berta Zúñiga Cáceres, militante autochtone et coordinatrice de COPINH, qui sera à Bruxelles ce lundi pour rencontrer le Service extérieur de l'Union européenne.

Plus de deux ans après le meurtre de sa mère, Berta Cáceres, défenseuse des droits humains, militante environnemental et lauréate du prestigieux Prix Goldman pour l'environnement, le Groupe consultatif international d'experts - GAIPE - a publié en novembre 2017 un rapport qui a révélé un manque de diligence dans l'enquête, y compris l'absence de poursuites contre les auteurs intellectuels potentiels du meurtre. Les membres de la GAIPE seront parmi les membres de la délégation pour présenter l'état d'avancement de leurs recherches.  

La visite commencera à Bruxelles les 14 et 15 mai par une conférence de presse au bureau de l'OMCT le 14 mai (9h00-11h00), organisée par le Réseau UE-LAT, la CIDSE, la CNCD-11.11.11.11 et Protection International. La délégation se rendra aux Pays-Bas et en Suisse du 16 au 23 mai 2018 et en Espagne et en Allemagne du 24 au 30 mai 2018.  

Avec cette tournée européenne, la délégation veut dénoncer l'impunité qui subsiste dans le cas de Bertha Cáceres et de la communauté de Río Blanco, en raison de l'absence de démantèlement de la structure économique et politique à l'origine des agressions, ainsi que des sources fondamentales de risque pour la COPINH. Il veut aussi montrer que le cas de Bertha est un cas emblématique dont peuvent émerger à la fois la continuité systématique de l'impunité et la revendication des droits des communautés indigènes. Il s'agit aussi de dénoncer les actions de l'État qui cherchent à protéger les structures derrière le meurtre et la persécution des communautés autochtones qui défendent leurs territoires, et de montrer les responsabilités des institutions financières internationales dans les cas de violations des droits humains dans les projets d'extraction au Honduras.

Le même jour, le 14 mai, Protection International, Broederlijk Delen, CNCD-11.11.11.11, la CIDSE et le réseau EU-LAT organisent une réunion publique avec Bertha Zúniga Cáceres de la COPINH et des défenseur.se.s des droits humains (CNCD, Bruxelles, 14 mai 2018, 18h30) (FR - NL).

Membres de la délégation 

  • Bertha Isabel Zúniga Cáceres.

Coordinateur général de COPINH. Fille de Berta Cáceres, porte-parole de la demande de justice, de vérité et de garanties de non-répétition du crime de sa mère Berta Cáceres.

  • Laura Yolanda Zúniga Cáceres.

Fille de Berta Cáceres. Membre de la COPINH et l'un des porte-parole de la demande de justice, de vérité et de garanties de non-répétition du crime de sa mère Berta Cáceres.

  • Francisco Javier Sanchez.

Président du Conseil indigène de la communauté de Río Blanco, Intibucá, où le projet hydroélectrique "Agua Zarca" doit être réalisé, et actuellement Coordinateur des terres et du territoire de la COPINH. Il a été l'objet de menaces et d'agressions de la part de la société DESA, des forces de sécurité de l'Etat et des paramilitaires pour son leadership dans la défense de la rivière Gualcarque.

  • Víctor Antonio Fernández.

Avocat, défenseur des droits humains et leader social. Ancien procureur du Honduras et actuellement coordinateur politique du Movimiento Amplio por la Dignidad y la Justicia (MADJ), coordinateur de l'équipe juridique de la cause de justice pour Berta Cáceres.

  • Miguel Ángel Urbina Martínez.

Avocat et notaire guatémaltèque. Membre du groupe indépendant du Groupe consultatif international d'experts (GAIPE) qui a enquêté sur le meurtre de Berta Cáceres. Il a été conseiller pour la réforme judiciaire au Paraguay, en République dominicaine, en Bolivie, au Panama et au Guatemala. expert dans les processus de formation dans le système de justice pénale, à l'intention des procureurs, des juges, des défenseurs publics, des magistrats et de la police.

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