Déclaration publique conjointe

PIA et CFDDH s'inquiètent pour le sort de 13 activistes de la LUCHA et de l'avenir de l'espace civique à l'Est de la RD Congo


 

Bukavu-Nairobi, 12 novembre 2021— Protection International Afrique (PIA) et la Coalition des Femmes Défenseures des Droits Humains (CFDDH) plaident pour la libération immédiate et sans condition de 13 activistes du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), arrêté·e·s lors d'une manifestation pacifique contre l'insécurité persistante à l'Est de la RD Congo.

 

Le 11 novembre 2021, 13 activistes du mouvement citoyen LUCHA ont été arrêté·e·s par les forces de sécurité congolaises alors qu'ils·elles manifestaient pacifiquement dans la ville de Beni pour demander aux autorités congolaises de mettre fin à l'insécurité persistante qui, malgré l'instauration de l'état de siège, affecte des milliers de congolais·es au Nord-Kivu et en Ituri. Les militants arrêté·e·s—dont une jeune femme—ont été acheminé·e·s à l'auditorat militaire de la garnison de Beni, où ils·elles ont été interrogé·e·s sans aucune assistance judiciaire, rapporte une source de la société civile de Beni.  

Protection International Afrique et la Coalition des Femmes Défenseures des Droits Humains craignent que, en raison de l'état de siège, ces militant·e·s soient jugés devant des juridictions militaires et qu'ils risquent d'être condamné à des lourdes peines.

PIA et CFDDH exhortent les autorités congolaises à permettre aux militants arrêtés d’avoir accès à l'assistance judiciaire conformément à la constitution de la RD Congo.      

Les arrestations arbitraires et les tortures contre des manifestant·e·s pacifiques et non violents constituent des violations graves des droits humains, ainsi qu'une atteinte à la constitution de la RD Congo et à l'édit provincial sur la protection des défenseur∙e∙s des droits humains et journalistes du Nord-Kivu.

Les organisations signataires de cette déclaration attirent l'attention des autorités congolaises sur la dégradation rapide du contexte de travail des défenseur∙e∙s des droits humains dans les provinces sous état de siège—où les cas de menaces et d'arrestations arbitraires à leurs endroits ne cessent d'augmenter de jour en jour.

Depuis l'instauration de l'état de siège, environs 16 militant·e·s de la LUCHA ont été arrêté·e·s. Deux sont en liberté provisoire tandis qu'un autre, craignant pour sa sécurité, a été contraint à vivre dans la clandestinité.

PIA et CFDDH rappellent aux autorités congolaises que, même pendant l’état de siège, l’expression des libertés fondamentales est garantie par la loi.
Tout en reconnaissant aux activistes le droit de manifester, les signataires de ce communiqué les invitent à s’abstenir de tout acte violent contre les forces de sécurité congolaise lors des manifestations et à veiller à ce que leurs protestations soient toujours menées de manière pacifique et non violent.

 


Organisation signataire :

  • Protection International Afrique
  • Coalition des défenseures des droits humains, ainsi que ses 44 organisations membres.