Communique de presse conjoint

Protection internationale et CEJIL saluent les efforts en vue de faire passer une loi qui protège les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les militants pour la justice sociale au Honduras en consultation avec la société civile.

Le 5 août 2014. Tegucigalpa, Honduras – Les risques auxquels font face les défenseurs des droits de l’homme au Honduras, ainsi que les journalistes et les militants pour la justice sociale, sont graves. Tant la Commission interaméricaine des droits de l'homme, ainsi que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme des défenseurs Magaret Sekaggya, ont exprimé leur préoccupation par les différentes formes d’attaques prévalant dans le pays – entre autres des assassinats, des menaces de mort, du coercition et des vols dans les sièges d'organisations – ainsi que par la criminalisation. La Cour interaméricaine des droits de l'homme a également reconnu l'environnement à risque actuel dans leurs jugements de Kawas Fernándezet Luna López vs Honduras.



Compte tenu de la gravité de la situation, les institutions de protection ci-dessus, ainsi que le Conseil des droits de l'homme, ont recommandé à travers l'examen Périodique Universel que l'Etat de Honduras crée un mécanisme pour protéger non seulement les défenseurs des droits humains, mais aussi les journalistes et les activistes sociaux.

C'est dans ce contexte que, le 4 juin, le Congrès de la République du Honduras a eu son premier débat sur le projet de loi intitulé « Loi de protection des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes et des militants pour la justice sociale. » Bien que cette législation vise à donner suite aux recommandations ci-dessus, le projet présente diverses défaillances qui pourraient empêcher que l’objectif poursuivi soit atteint.

Face à ces obstacles, Protection International (PI) et le Centre pour la Justice et du Droit International (CEJIL), ont effectué une mission conjointe à Tegucigalpa la semaine du 28 juillet au 2 août. Durant ce temps, PI et CEJIL ont exprimé certaines préoccupations au sujet du projet de loi aux représentants du gouvernement exécutif du Honduras et du Congrès tout en accompagnant les organisations locales à la réflexion et à l’élaboration des propositions de réforme qui pourraient renforcer le mécanisme en question.



Toute politique publique concernant la protection des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme devraient être rédigé en étroite collaboration avec la société civile et soumise à une bonne analyse technique. A l’envers, ladite politique publique peut être inapplicable faute de pouvoir atteindre les résultats souhaités," a exprimé le Président de PI Luis Enrique Eguren sur le thème.

Marcia Aguiluz, directrice du programme de CEJIL pour l'Amérique centrale et du Mexique, a ajouté que « L'Etat du Honduras a comme obligation à considérer les normes internationales sur la protection des défenseurs des droits de l'homme et devrait également trouver un consensus avec les divers groupes à risque sur la façon d'implémenter le mécanisme pour qu’il réponde de manière effective à leurs besoins. »

PI et CEJIL félicitent et remercient la bonne disposition des autorités honduriennes à écouter les propositions d’amélioration du projet de loi. Cependant ils soulignent l’appel à considérer les apports de divers secteurs de la société civile de sorte que ce mécanisme conçu pour protéger les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et les militants pour la justice sociale soit le fruit d'un processus inclusif, profonde, transparent et participatif.