Déclaration cojointe de EHAHRDP, CIVICUS et Protection International pendant le dialogue avec le Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l'homme et  le Conseiller spécial pour la prévention de genocide.

Lu par M. Pierre Claver Mbonimpa, président de l'APRODH

Monsieur le Président,

Au nom du East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project, CIVICUS et Protection International, je vous remercie de m’accorder une nouvelle fois la parole au Conseil des droits de l’homme.

Pendant la session spéciale de décembre 2015, j’ai parlé de la campagne de répression brutale qui cible les voix dissidentes au Burundi. Depuis, les rapports faisant état de disparitions forcées, de torture brutale, d’arrestations arbitraires, de violences sexuelles et d’exécutions extra-judiciaires n’ont fait qu’augmenter. Depuis, le gouvernement du Burundi a pris sa place dans cette salle, malgré la crise qui s’aggrave et son refus de respecter ses obligations en tant que membre du Conseil.

Bien que je salue le rapport de M. Forst et son attention soutenue au sort des défenseurs des droits de l’homme burundais, depuis sa visite en Novembre 2014, la grande majorité des dirigeants des organisations de la société civile ont dû fermer leurs organisations, et plusieurs dizaines défenseurs et de journalistes ont dû fuir. Alors que M. Forst a pu échanger avec des défenseurs des droits de l’homme ouvertement, la société civile et les journalistes se cachent aujourd’hui des missions d’observation régionales et internationales de peur d’être cibles de représailles.

Je remercie le Conseil pour son soutien, et j’espère que la mission d’experts du bureau du Haut-Commissaire pourra rencontrer les défenseurs à risque qui continuent de travailler seuls et indépendamment au Burundi. Je prie le Conseil de demander des garanties du gouvernement du Burundi, en tant qu’État membre du Conseil, pour s’assurer que les défenseurs des droits de l’homme indépendants ne seront pas soumis à des représailles violentes suite au partage d’information avec des institutions internationales.

Je vous remercie.