Protection International signe une lettre ouverte commune pour limiter l'utilisation des technologies de surveillance contre les défenseur∙e∙s des droits humains

Protection International se joint à 145 organisations de la société civile et 28 experts indépendants pour appeler les Etats à mettre en œuvre un moratoire immédiat sur la vente, le transfert et l'utilisation des technologies de surveillance. Les enquêtes du Pegasus Project ont révélé que de nombreux gouvernements ont ciblé des journalistes, des défenseur∙e∙s des droits humains (DDH) et des politiciens pour espionner leurs communications et utiliser les données personnelles de leurs smartphones. Les soussignés mettent en évidence les principales implications en matière de droits humains de cet exposé majeur et émettent une série de recommandations à l'intention des États, ainsi qu’aux États qui exportent des technologies de surveillance.

La Déclaration universelle des droits humains confère à chacun∙e le droit de ne pas subir d'ingérence arbitraire dans sa vie privée - y compris, dans le cadre de la surveillance nationale et extraterritoriale – et protège chacun∙e de l'interception des communications numériques et de la collecte de données personnelles. Ceci est particulièrement pertinent pour les défenseur∙e∙s des droits humains, en raison de la nature de leur travail et du type de risques auxquels il∙elle∙s peuvent être exposé∙e∙s.

Les technologies de surveillance débridées comme Pegasus entravent gravement le droit de défendre les droits humains. Une fois que la vie privée des défenseur∙e∙s des droits humains et des journalistes est violée, il∙elle∙s sont exposé∙e∙s à la traque (en ligne et hors ligne), au doxxing, à la criminalisation, au chantage et aux attaques (dans tous les sens du terme). Les États doivent adopter des lois qui protègent les défenseur∙e∙s des droits humains contre les abus liés à la surveillance numérique, parallèlement à la mise en place de mécanismes solides de responsabilisation. En attendant, nous devons nous concentrer sur la protection préventive des individus et de leurs communautés.

Jusqu'à présent, il n'existe pas de solution facile pour se prémunir contre le logiciel espion Pegasus. Dans un premier temps, si vous soupçonnez que vous-même, des défenseur∙e∙s des droits humains avec qui vous travaillez ou encore des organisations partenaires ont pu être ciblés, veuillez contacter Amnesty Tech (share [at] amnesty.tech) pour vérifier si le numéro de téléphone fait partie de la liste des appareils connus et compromis. La ligne d'assistance sur la sécurité numérique d'Access Now, disponible en neuf langues, peut également vous fournir des conseils techniques utiles.

Pour consulter l'intégralité de la déclaration en anglais, cliquez ici