Approche psycosociale appliquée au travail de protection des défenseur·e·s des droits humains

Approche psycosociale appliquée au travail de protection des défenseur·e·s des droits humains

L'approche de PI pour la protection des DDH

Protection International a pour objectif de favoriser et de protéger le libre exercice du droit de défendre les droits humains. Pour ce faire, nous favorisons une approche globale de la protection des défenseur·e·s des droits humains (DDH). Notre approche est multiforme, interdisciplinaire et en constante évolution. Quelques éléments fondamentaux constituent la base de nos interventions aux niveaux local, régional et international :

  • Droit de défendre les droits humains : Nous promouvons une approche de la protection des défenseur·e·s des droits humains basée sur les droits, en considérant les DDH comme des sujets de droits plutôt que des objets de protection. Pour en savoir plus, consultez notre publication  « Approche critique sur le droit de défendre les droits humains ».
  • Protection collective : Nous encourageons les stratégies collectives qui renforcent le groupe et permettent des pratiques de protection plus durables qui vont au-delà des mesures de sécurité individuelles.
  • Réseaux de protection : Nous encourageons le renforcement des réseaux de solidarité internes et externes parmi les groupes et les communautés de défenseur·e·s des droits humains afin qu'iels soient mieux placés pour faire face aux menaces et aux attaques.
  • Approche psychosociale : Nous comprenons que les soins et la protection sont indivisibles. Cela signifie que les stratégies de protection doivent prendre en compte les impacts émotionnels individuels et collectifs que les défenseurs des droits humains subissent dans le cadre de leurs luttes et processus, et intégrer des stratégies de bien-être individuel et collectif dans le cadre de la protection.

Explication des éléments fondamentaux de notre approche

Les défenseur·e·s des droits humains (DDH) exercent leur activité dans des contextes difficiles, dans lesquels le sentiment de risque ou de menace, ainsi que la peur ou le stress que cela peut générer, entraînent inévitablement un impact émotionnel au niveau individuel ou collectif.

Par conséquent, lorsque nous travaillons avec les défenseur·e·s des droits humains, nous devons assurer une prise en charge psychosociale individuelle et collective. Cela implique, entre autres, d'intégrer le principe du " ne pas nuire " (Do No Harm) dans notre travail et d'être capable d'identifier les symptômes de détresse émotionnelle personnelle et collective.

Avec « Approche psycosociale appliquée au travail de protection des défenseur·e·s des droits humains », nous expliquons brièvement ce que nous entendons par approche psychosociale, quelles sont ses implications pour le travail de protection avec les défenseur·e·s des droits humains, et quels sont les principaux éléments à prendre en compte pour une application efficace de cette approche.

Qu'entend-on par « approche psychosociale » ?

Nous comprenons l'approche psychosociale comme une loupe à travers laquelle nous prêtons attention à l'impact du contexte social et politique sur le bien-être émotionnel des personnes. Cette approche cherche à identifier les impacts émotionnels aux niveaux individuel et collectif, et à renforcer les mécanismes d'adaptation que les individus et les collectifs peuvent activer face à la peur, au stress et aux expériences traumatiques.

Voici quelques messages clés de cette publication :

  • Les soins et la protection sont indivisibles : cela signifie que les stratégies de protection doivent prendre en compte les impacts émotionnels individuels et collectifs que    les défenseur·e·s des droits humains subissent dans le cadre de leurs luttes et de leurs activités, et intégrer des stratégies qui contribuent au bien-être individuel et collectif dans le cadre de la protection.
  • Les émotions peuvent avoir un impact sur la sécurité : il est nécessaire de reconnaître l'impact des émotions, telles que la peur, sur la sécurité.  Il faut travailler sur la cohésion et la responsabilité collective en tenant compte des besoins individuels et collectifs.
  • Cette approche se veut non individualiste : Nous concevons l'approche psychosociale comme une loupe permettant d'identifier, d'analyser et de traiter les différents impacts de la violence sociopolitique, qui prend racine dans l'environnement plus large dans lequel se trouve un·e  défenseur·e ou une communauté. Il ne s'agit pas seulement d'adopter une approche individualiste, fondée uniquement sur le bien-être personnel et l'autosoin.
  • Les stratégies d'adaptation des DDH s'en trouvent renforcées : notre approche a pour but de reconnaître et de valoriser les ressources des individus et des groupes. Il est également essentiel de se pencher sur la réparation et l'autonomie, plutôt que sur la maladie ou la revictimisation.
  • Il n'existe pas de formule standard : chaque organisation a besoin de son propre type d'accompagnement, avec son propre rythme et ses propres objectifs, qui est conçu en fonction d'une analyse détaillée de ses besoins. Il n'existe pas de recettes communes ou de formules préétablies.

 


La publication « Approche psycosociale appliquée au travail de protection des défenseur·e·s des droits humains » est actuellement disponible en français, anglais et espagnol.



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