
Bruxelles, 11 décembre 2013.
Les 5 et 6 décembre 2013, l’Union Européenne a organisé à Bruxelles le 15e forum EU-ONG sur les droits de l’homme. Le thème principal de l’événement concernait la notion de « responsabilité » (accountability) en rapport avec deux autres dimensions : 1 ) la lutte contre l’impunité ; et 2) la responsabilité pour les violations des droits économiques, sociaux et culturels (DESC).
Protection International (PI) est fier d’avoir pu apporter son soutien à l’UE en organisant une table ronde sur « Les politiques publiques et mécanismes nationaux de protection des défenseurs des Droits de l’Homme (DDH) : enseignements et expériences d’Amérique Latine ». La session s’est particulièrement concentrée sur les DDH menacés physiquement ainsi que sur les réponses apportées par les politiques publiques afin de prévenir et lutter contre de telles menaces. De plus, la session a analysé les défis actuels liés à la défense des DDH promouvant et défendant les DESC dans des contextes ruraux.
Présidée par le président du Conseil d’administration de Protection International, Enrique Eguren, la table ronde a non seulement vu témoigner des intervenants venant du Brésil, de Colombie, du Mexique, des représentants du bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, du bureau du Haut-Commissaire pour les Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne, mais aussi 15 DDH venus d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique Latine. Les participants ont partagé leurs expériences, leurs défis, et leurs enseignements concernant l’adoption, la mise en place et le suivi de telles propositions de politiques publiques dans leurs pays respectifs.
Deux idées majeures ont parcouru les interventions de l’ensemble des participants : les cadres légaux (lois, décrets ou normes) adoptés afin de garantir la protection des DDH ont été établis sous la pression et avec la participation des organisations nationales et internationales de défense des Droits de l’Homme ; la protection des défenseurs ne devrait pas se limiter à l’adoption de mesures physiques de sécurité mais aussi comprendre l’adoption de mesures de prévention des agressions, l’engagement de poursuites judiciaires afin de lutter contre l’impunité, et le développement de mesures adaptées aux groupes de DDH aux besoins spécifiques, tels que les femmes et les défenseurs soutenant des communautés rurales.
De plus, la table ronde a engagé une discussion sur le rôle potentiel de l’UE et de ses États membres concernant le soutien des organisations de la société civile (OSC) et des pays partenaires dans leurs actions de promotion de la protection des DDH, y compris ceux défendant les DESC. Les actions suivantes devraient être entreprises afin de promouvoir cet agenda :
1) Les lignes directrices de l’UE en matière de Droits de l’Homme pourraient constituer un outil efficace utilisé par les missions de l’UE afin de protéger les défenseurs en provenance de zones rurales qui promeuvent et défendent les DESC.
2) L’UE devrait inclure l’évaluation des politiques publiques nationales visant à mettre en place une protection intégrale des DDH lors de ses dialogues avec les pays partenaires, lorsque ces politiques existent déjà. De plus, l’UE devrait encourager leur adoption dans les pays où de tels mécanismes n’existent pas.
3) Les instruments politiques et financiers de l’UE devraient être mis à disposition des OSC promouvant l’adoption de politiques publiques ayant pour but la protection de ceux qui défendent et promeuvent les Droits de l’Homme.